Nous te conseillons d’effectuer les premiers vols avec ta nouvelle aile dans des conditions calmes. Quelques exercices de gonflage sur un terrain dégagé renforceront ta confiance à l’égard du maniement de la SIGMA 12 DLS.
Le comportement au décollage de la SIGMA 12 DLS est très homogène et simple, qu’on gonfle face ou dos à l’aile. L’aile se gonfle rapidement et monte uniformément sans à-coup.
Les suspentes des grandes oreilles de la SIGMA 12 DLS ont leur point d’attache distinct. Le décollage de la SIGMA 12 DLS se fait en utilisant les élévateurs A. La voilure se gonfle par le milieu de manière régulière et monte de façon exceptionnellement droite et avec peu d’effort.
Comme la SIGMA 12 DLS monte très facilement, il est très important d’adapter ton impulsion aux conditions extérieures et au site de décollage. Donc :
Les élévateurs de ton parapente sont équipés du système "Easy Connect", compatible avec les sellettes ADVANCE, qui t'aide à les accrocher. Des deux côtés au dos, les élévateurs disposent d’une marque de couleur ( une suspente cousue ) : dans la direction de vol, le rouge indique la gauche et le bleu la droite. Tant que la suspente de couleur cousue sur l’élévateur se trouve face à toi et s’étend librement vers le haut, tu es assuré que l’élévateur n’est pas torsadé de 180°.
Ainsi, le « Easy Connect System » t’aide aussi à attacher les élévateurs quand tu es face à l’aile. Cela peut être particulièrement utile lors d’un gonflage face à l’aile par vent fort.
Effectue les vérifications suivantes avant chaque décollage :
Même par vent faible, la SIGMA 12 DLS ne nécessite qu’une impulsion modérée au décollage. Il n’est donc pas nécessaire de prendre un élan trop conséquent. Guide l’aile avec le corps bien penché en avant mais sans traction excessive sur les élévateurs A jusqu’à ce qu’elle se trouve bien ouverte au-dessus de toi. Les corrections nécessaires lors de cette phase de gonflage doivent être effectuées sans action sur les commandes mais en se repositionnant résolument sous l’aile. Après la phase de correction et lorsque le contrôle visuel est effectué, quelques pas rapides avec le corps bien penché en avant suffisent pour décoller.
Il est particulièrement recommandé d’effectuer un gonflage face à l’aile par vent assez fort. Lors de la phase de gonflage, il faut suffisamment avancer vers l’aile. Le retournement et le décollage avec la SIGMA 12 DLS sont simples.
Dans des conditions aérologiques calmes, on obtient la meilleure finesse lorsque les commandes de la SIGMA 12 DLS sont totalement relâchées. En freinant légèrement, on obtient le taux de chute minimum. Par vent de face ou vent arrière, on peut améliorer la finesse de l’aile en utilisant le système d’accélération de manière adéquate.
Malgré la grande stabilité de l’aile, nous conseillons un style de vol actif lorsque les conditions sont turbulentes. On peut ainsi presque toujours éviter les fermetures. Cela signifie qu’il faut en permanence maintenir l’aile au-dessus de la tête, ce qui permet d’amortir les mouvements de roulis et de tangage.
Il faut veiller à ne pas voler moins vite que la vitesse minimum de l’aile et éviter les réactions excessives sur les commandes.
Le débattement utile des commandes de la SIGMA 12 DLS est court et précis. Dès qu’on a dépassé la garde, l’aile réagit de manière très directe et progressive aux actions croissantes sur les freins. Déplacer le poids de son corps permet de bien accompagner le pilotage. En agissant sur les commandes, on peut à tout moment augmenter, stabiliser ou réduire l’inclinaison.
La SIGMA 12 DLS entre en thermique avec allant. Comme le tangage est faible et ne nécessite que très peu de correction, son taux d’ascension et donc ses performances sont nettement améliorés. Lors de vols thermiques, choisis l’inclinaison souhaitée et le rayon correspondant et essaie de faire tourner l’aile dans cette position de façon uniforme. La commande à l’extérieur du virage permet de stabiliser l’extrémité de l’aile et, en particulier, de contrôler la vitesse de rotation autour de l’axe vertical. Lorsqu’on freine plus la plume extérieure, l’aile ralentit et perd ses bonnes propriétés de pilotage.
La SIGMA 12 DLS bénéficie d’un suspentage et d’un profil optimisés en termes de résistance à la traînée, d’un allongement important ainsi que d’un tangage très équilibré en atmosphère instable. Tout ceci procure une excellente finesse, également en vol accéléré, avec un taux de chute n’augmentant que modérément. De plus, grâce au suspentage à trois rangées et au choix du profil, la SIGMA 12 DLS peut être accélérée de manière efficace et sans gros effort.
Lorsque tu abordes un air turbulent en vol accéléré, commence par relâcher complètement l’accélérateur avant d’effectuer les actions aux commandes nécessaires pour stabiliser l’aile. La grande stabilité de la SIGMA 12 DLS permet de traverser une zone d’air turbulente en vol accéléré. Dans ce contexte, il faut toutefois accélérer activement, ce qui équivaut à une adaptation de l’angle d’incidence au moyen de l’accélérateur au lieu des commandes. Ainsi, les mouvements de tangage sont réduits au minimum, ce qui permet d’atteindre une finesse optimale. Voir aussi le chapitre « Accélérateur ».
Lors d’une augmentation de l’angle d’incidence (p. ex. cabrage de l’aile dans un thermique), on appuie plus fort sur l’accélérateur durant un bref instant. Lors d’une réduction de l’angle d’incidence (p. ex. abattée de l’aile), on relâche l’accélérateur.
La SIGMA 12 DLS est équipée avec de poignées sur le revers des élévateurs C. Il est possible de la diriger à l’aide de ces poignées des élévateurs C à la place des commandes de freins - et cela de la vitesse trimmée jusqu’à la vitesse accélérée à 100 %. Diriger le parapente et voler activement à l’aide des poignées fixées sur les élévateurs C a moins d’effet sur les performances que d’utiliser les freins dans les mêmes objectifs : elles freinent l’aile de façon plus efficace qu’en tirant le bord de fuite vers le bas, donc on perd moins de vitesse. Bien qu’elle agissent également en augmentant l’angle d’attaque, cette accélération de la vitesse de plongée est moindre que celle qui résulte d’une action normale sur les freins.
Il n’est pas nécessaire d’utiliser les poignées des C à vitesse trimmée, mais tu peux les utiliser pour de petites corrections de direction ou de légers virages.
Cependant, en plané accéléré à fond, les poignées des C deviennent indiscutablement utiles car elles t’indiquent de manière très directe ce qui arrive à la calotte. Tu peux alors les utiliser en vol actif car elles te donnent de façon immédiate des indices de déformation imminente de la calotte - ce qui te permet de prévenir le moindre problème dès qu’il survient. D’une certaine façon, les performances ne sont que faiblement affectées. A vitesse normale, diriger la voile à l’aide des poignées des C est également très efficace.
En vol accéléré saisis les élévateurs C et repose tes mains dans les dragonnes en néoprène. Assure-toi de ne pas avoir de tours de main avec les commandes. Tu peux ainsi contrôler l’angle d’incidence en tirant ou en relâchant les élévateurs de façon symétrique et prudente. Tire les C vers le bas (pas en arrière), de façon que cela tire également les B vers le bas. Tu peux aussi diriger ta trajectoire par une action sur les C.

Avec un style de vol actif, les fermetures peuvent être presque entièrement évitées en conditions de vol normales. L’aile donne un feedback très précis et permet donc d’anticiper les fermetures et de réagir immédiatement. Si tu n’anticipes pas une fermeture, l’aile se ferme sans surprise et latéralement depuis l’extérieur vers le centre.
Si l’aile subit néanmoins une fermeture asymétrique à vitesse normale, elle réagit, lors d’une fermeture de plus de 50 %, en tournant légèrement, ce qui se laisse facilement contrer en agissant sur le frein opposé afin de garder le cap. Normalement, l’aile s’ouvre à nouveau sans intervention du pilote. En cas de fermeture asymétrique en vol accéléré, l’aile réagit de manière plus impulsive à cause des forces plus importantes quand la vitesse est plus élevée. En vol totalement accéléré, après une fermeture latérale, elle vire de manière plus dynamique mais reste aisément maîtrisable.
Si, après une fermeture, la réouverture de l’aile est temporisée, tu peux la faciliter en tirant rapidement et à fond le frein du côté de la fermeture. Ensuite, il faut que tu relâches tout de suite et complètement les freins et que tu laisses l’aile reprendre de la vitesse. En revanche, tu ne dois donner que des impulsions mesurées du côté encore ouvert, afin d’éviter un dérochage de l’aile. Ce côté génère encore suffisamment de portance pour permettre à l’aile de se stabiliser.
Des wing-overs mal maîtrisés peuvent occasionner un enroulement des plumes de l’aile et provoquer une cravate, ce qui peut induire une forte rotation, l’aile se mettant à tourner à cause d’une trop grande traînée. Il faut alors empêcher une prise de vitesse en virage trop importante par une action mesurée sur le frein opposé, puis défaire la cravate à l’aide de la suspente orange du stabilo. On peut également accélérer l’ouverture en « pompant » sur les commandes. Pour ce faire, on tire à 75 % puis on relâche immédiatement la commande concernée en deux secondes maximum.
Suite à la fermeture spontanée ou provoquée du bord d’attaque via les élévateurs A, il y a décrochage aérodynamique au niveau du profil, et l’aile bascule vers l’arrière. Avec un temps de retard, l’effet pendulaire ramène le pilote. Sans agir sur les commandes, attends que l’aile soit à nouveau au-dessus de toi et qu’elle reprenne d’elle-même de la vitesse. Suite à d’importantes fermetures, il est possible qu’au moment de la réouverture, les extrémités de l’aile ne soient pas encore entièrement ouvertes. La réouverture ne doit être provoquée que par des actions modérées sur les commandes, sans quoi on court le risque d’un décrochage aérodynamique complet.
Pour effectuer une descente rapide efficace et selon la situation, l’équipe des pilotes d’essai ADVANCE te conseille de faire soit les oreilles, soit une spirale engagée.
La suspente permettant de faire les oreilles est fixée à part, sur la SIGMA 12 DLS. Pour faire les oreilles, tire rapidement et simultanément les suspentes A extérieures vers le bas des deux côtés. Les deux bouts de l’aile se ferment et tu peux facilement les maintenir dans cette configuration. En actionnant l’accélérateur, on peut également augmenter le taux de chute. Selon la situation, le pilote peut diriger son aile à l’aide du poids du corps. Pour rouvrir les oreilles, lâche simultanément les deux suspentes A. Tu peux accélérer l’ouverture des oreilles en tirant légèrement sur les freins (pomper). Ouvre ainsi une oreille après l’autre.
Pour un confort de vol optimal lors de cette manœuvre, nous te conseillons une position assise neutre sans déplacement actif de poids et un réglage de la sangle ventrale avec une distance d’environ 45 cm entre les maillons. Cela correspond environ à la largeur des épaules.
Engage la spirale en agissant progressivement sur une commande. La tête et le regard doivent être orientés dans le sens du virage. Plus la position est inclinée, plus la vitesse de rotation et la force centrifuge augmentent.
La réaction de l’aile s’effectue en deux phases principales : elle commence par tourner à plat avant de réduire le rayon du virage et d’accentuer son inclinaison. Dans la deuxième phase, elle plonge dans la spirale, c’est-à-dire qu’elle bascule sur le nez en prenant de la vitesse. Afin d’éviter une spirale engagée neutre, il faut, pendant la manœuvre et à partir d’une position neutre dans la sellette, céder à la force centrifuge.
Pour sortir de la spirale, tu dois relâcher progressivement la commande de frein intérieure au virage. Le poids du corps est également légèrement déplacé vers l’extérieur du virage. Lorsque la spirale provoque une perte d’altitude importante et une grande vitesse de rotation, il est indispensable de relâcher progressivement la commande. Tu peux ainsi empêcher que l’aile ne se cabre avant de replonger vers l’avant. Lorsque tu sors de la spirale, veille à avoir une altitude suffisante par rapport au sol. Il faut généralement le même temps pour sortir de la spirale que pour y entrer, mais le taux de chute est plus élevé !
L’ensemble du matériel et le profil du parapente sont soumis à des forces importantes lorsqu’on effectue un décrochage aux B. C’est pourquoi nous déconseillons d’effectuer trop souvent cette figure. Lorsqu’on effectue néanmoins un décrochage aux B, en sortant de la figure, il faut relâcher immédiatement et totalement les suspentes afin que l’aile puisse reprendre sa vitesse horizontale en 2 secondes maximum. Pour les pilotes les plus légers, compte tenu de la force nécessaire, le décrochage aux B est difficile à effectuer.
Lorsque tu recentres des virages serrés, la SIGMA 12 DLS t’indique nettement un risque de décrochage par une pression sur les commandes qui augmente nettement. Si l’aile devait tout de même décrocher, tu ressens ensuite un relâchement marqué de la pression aux commandes sur le côté intérieur du virage. Dans cette situation, la commande doit être immédiatement et complètement relâchée afin que la SIGMA 12 DLS puisse repasser en vol normal de manière autonome.
Si tu décroches totalement ton aile, elle passe en vrille ou rotation négative. SIGMA 12 DLS réagit alors de manière dynamique, mais reste encore tout à fait gérable même pour un pilote peu expérimenté. Selon la configuration de ton aile au moment où elle reprend de la vitesse, il se peut néanmoins qu’elle réagisse brusquement (abattée avec un grand risque de fermeture). Au moment de l’abattée, l’aile peut être stabilisée en agissant sciemment sur les commandes de frein. Elle reprend alors sa configuration de vol normal sans autre fermeture.
La SIGMA 12 DLS convertit très tôt les impulsions sur les commandes mais dispose néanmoins d’une très grande amplitude, avec une pression très importante au niveau du point de décrochage. Cela signifie que le pilote dispose d’une marge de sécurité importante.
L’amorce d’un décrochage est effectuée en tirant symétriquement et progressivement les deux commandes. La vitesse de l’aile diminue, le vent et les bruits du vent s’atténuent.
Lorsque la vitesse minimale est atteinte, l’aile passe d’abord brièvement en phase parachutale. En continuant à agir sur les commandes, on obtient finalement le décrochage complet et l’aile bascule vers l’arrière. Même si la SIGMA 12 DLS a une grande tendance à continuer d’elle même à voler, elle peut néanmoins être maintenue sans problème en décrochage complet. Pour effectuer un décrochage complet, il est conseillé d’enrouler les commandes de freins sur un demi tour.
Pour sortir du décrochage, l’aile doit être pré-remplie. Pour cela, il faut d’abord relâcher les freins lentement et de manière symétrique, avant de les relâcher complètement après cette phase de pré-remplissage. La SIGMA 12 DLS repart alors relativement doucement et sans abattée excessive.
On n’a pas pu constater de phase parachutale stable, que ce soit en agissant sur les commandes de freins ou en sortant lentement d’un décrochage aux B.
En cas de pluie ou quand la voilure est mouillée, la SIGMA 12 DLS est, comme toutes les ailes, plus sujette au parachutage. Si ton aile mouillée entre en phase parachutale, tu dois en sortir en agissant uniquement sur l’accélérateur. Voir aussi le chapitre « Voler avec une aile mouillée ».
Effectue toujours une volte d’atterrissage propre avec une finale bien marquée. Ne commence à freiner progressivement l’aile qu’à la fin de l’approche finale afin d’obtenir une trajectoire plus plate, avant d’enfoncer complètement les commandes et d’annuler totalement la vitesse de l’aile.